Journal intime de Marianne

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Onirim R&P
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Journal intime de Marianne

Messagepar Onirim R&P » Mar 13 Avr, 2010 20:18

Cher journal,

Je viens de mettre les pieds dans une aventure extraordinaire, aussi rocambolesque que dans mes romans préférée, mais également beaucoup plus frustrante !

Tout a commencé le 13 Avril 1880, à Londres.

Je suis toujours hébergée chez mes cousins, qui tentent désespérément de "reprendre mon éducation en main". Ils jugent que la vie en France, et en particulier à Paris, m'a fait m'écarter des convenances, et de ce qu'une Dame doit être pour son mari. Je n'ai pas de mari... et je ne suis pas pressée d'en avoir. J'ai un truc à moi: je suis toujours à la limite de la convenance, ce qui met à rude épreuve les nerfs de mes prétendants, comme ceux de mes cousins. Je m'en amuse toujours autant... les anglais sont des coincés.

En ce joli soir de printemps était annoncé une exposition dans le magnifique bâtiment de l'exposition universelle de 1860, sis au bord de la Tamise. Lord Davenport allait présenter au monde entier sa toute nouvelle invention révolutionnaire. Une occasion d'aller toucher du doigts ces objets merveilleux, et également de croiser quelques personnalités ! J'ai un faible pour les hommes aventureux, qui voyagent et sauvent la veuve et l'orphelin. Je ne suis ni veuve ni orpheline, mais j'aimerais être sauvée par l'un d'eux !

Or donc après avoir tenté de me renseigner sur le célèbre Lord Davenport, je me paraît de ma plus belle mise, une robe à l'anglaise de couleur crème, sobre et d'apparence légère. J'emmenais aussi mon inséparable ombrelle-épée. Un gadget qu'on m'avait offert à Paris: une ombrelle dont on peut dégainer une épée du manche. Souvenir des années sombres de Paris, je ne me sens pas en sécurité sans elle. Même à Londres.

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L'exposition nous accueillait donc en tout début de soirée, alors que le Fog était pour une fois clément. Un monde impressionnant s'était donné rendez-vous sur les lieux, et plusieurs personnalités étaient en vue. Je remarquais de suite le célèbre Phileas Fogg, en grande discussion avec plusieurs vieux bonshommes en costume gris. Et voici enfin Lord Davenport qui fait une entrée théatrale, en costume et haut de forme, pour nous présenter sa merveille !

Et quelle merveille !

Obscurcissant les cieux et accompagné du vrombissement de ses moteurs à vapeur, un aéronef vint survoler l'exposition, et s'arrêter au dessus du parc ! L'Aerostier: une sorte de bateau volant de grande envergure, surmonté d'un grand ballon, et propulsé par plusieurs moteurs à vapeur. L'Aerostier s'immobilisa donc au dessus du parc, et une sorte de passerelle descendit jusqu'au sol avant de s'ouvrir, délicieuse tentation. Lord Davenport proposa a dix d'entre nous de participer a un petit tour de Londres ! Il fallait que j'en sois !

Ma vivacité étonnera toujours mes cousins, et j'en ris encore. J'avais déjà fait plusieurs pas au devant de la foule que leurs bras happaient le vide en espérant me retenir. Je me joignais résolument au petit groupe qui s'était formé pour monter dans l'aéronef. Nous n'étions pas plus que dix, il faut croire que la peur vissait les autres visiteurs au sol. J'étais la seule femme ! Je prenais un air dégagé mais résolu, marchant à côté d'un des hommes du groupe, comme si j'étais à ma place. Le culot, ça paye toujours !

Nous voilà donc partis à dix, accompagnés de Lord Davenport. Nous montons dans l'Aerostier par son espèce de passerelle télescopique, et commençons la visite. Les salles des machines sont énormes, les coursives bardées d'épais tuyaux de laiton, et nous arrivons enfin sur le pont... un véritable pont de bateau ! Tandis que Davenport répondait aux questions du petit génie raté de notre groupe, j'imaginais un mousse en train de laver le pont à grande eau dans un coin. J'imagine trop, parfois.

L'Aerostier pris de la hauteur, et je profitais du moment pour courir d'un bout à l'autre du pont pour admirer Londres d'en haut. Ma-gni-fique. Dommage que tu n'aies pas d'yeux, mon journal, j'aurais aimé te faire découvrir cette vue incroyable. La Tamise était un long ruban sinueux argenté, pailletée d'or en direction du soleil couchant. Je n'écoutais plus les palabres scientifiques et militaires des hommes qui m'accompagnaient, me contentant de remplir mes yeux et mon coeur de cette vision qui n'avait pas de prix.

C'est à ce moment qu'une sourde explosion retentit, et fit vibrer tout l'appareil ! Le moteur droit venait d'accuser une petite explosion, et avait cessé de fonctionner. Un regard vers le ciel m'indiquait que le ballon était toujours là, et en bon état. Aucune raison de s'affoler, donc. C'est dans l'agitation générale que je me dirigeais vers Lord Davenport, bien décidée à lui demander si ce n'était pas trop grave, et si nous allions pouvoir continuer quand même. Oui, je suis égoïste parfois.

Je n'eu pas le temps de poser ma question qu'une cinquantaine d'hommes vêtus de noirs, fusils à la main, nous encerclaient. Finalement, c'était le meilleur moment pour la fermer.

Un homme bien vêtu, châtain et plutôt grand fit son apparition sur le pont. Il avança d'un pas tranquille vers nous, et ses sous-fifres s'écartèrent pour le laisser passer. Il se présenta dans un français impeccable comme "Robur le Conquérant"... je ne pu m'empêcher de pouffer au ridicule de ce titre certainement auto-proclamé. Il nous annonça qu'il prenait possession de cet Aéronef, et qu'il servirait à raser la Grande Bretagne, avec l'aide de son armée d'indiens... et avant que nous n'ayons pu avoir une explication hop, nous avons tous été enfermés dans une des soutes à charbon ! Sans Lord Davenport, qu'il avait peut être gardé à dîner (pas pour le manger, j'espère).

Zut, cette soute à charbon est pleine de... charbon... et ma robe sera bonne pour un grand lavage. Ça se paiera.

On nous jette sans ménagement dans cette soute, et on nous lie les pieds et les mains dans le dos. Nos affaires sont jetées dans l'autre coin de la salle, et deux des soldats restent pour nous surveiller. Des indiens donc, c'est plus que certain. Au bout d'un moment qui semble être une éternité, il ne se passe toujours rien. Mes compagnons de malheur ne semblent pas bien débrouillards... heureusement qu'une femme est avec eux. Les hommes seront toujours de grands enfants. Je me trémousse aussi élégamment que possible (ne rit pas, cher journal) vers mon ombrelle. C'est à ce moment que mes compagnons se réveillent. Julian Mac Cormick, un Lord écossais (rien que ça !) commence à piquer une grosse crise et demande à parlementer avec Robur le conquérant. Il est conduit sans ménagement à l'extérieur, certainement pour se faire tabasser... brave homme.

J'atteint rapidement mon ombrelle, dégaine l'épée de son manche, et coupe rapidement mes liens avant de faire le tour de mes huit autres compagnons d'infortune, et de les libérer à leur tour. Cinq des prisonniers préfèrent ne rien tenter, pour ne pas attiser la colère du petit Conquérant. Tsss... le courage n'est décidément pas de mise dans la bonne société britannique !

Prêts à en découdre à mes côtés, il y avait Wesley Worringhton, un ex-militaire anglais qui a fait la guerre des Indes. Il y avait également Balthazar Mc Kennith, un autre Lord Ecossais (je les attire ?), ainsi qu'Edward Ruthford, le scientifique un peu raté que tout le monde connaît à Londres pour ses machines aériennes qui ne fonctionnent pas, et pour ses crashs maîtrisés sur les pavés londoniens. J'écris ça, mais je ne le pense pas vraiment... je suis mauvaise langue. C'est un type plus courageux que je ne le pensais... ou alors totalement fou.

Nous préparons un rapide plan d'attaque, et attendons que nos ravisseurs reviennent avec notre compagnon écossais pour les assommer sitôt passé la porte, avec les pelles que nous avons trouvé sur place. Bong ! ça se passe bien pour le premier, qui s'endort consciencieusement après un magnifique coup de pelle de la part de Wesley Worringhton ! Sauf que le second se rebiffe, et met en joue notre ami Julian Mac Cormick, qui n'a décidément pas de chance. Je dégaine le pistolet que je cache toujours dans mon sac, et met en joue à mon tour le soldat indien. Nous pouvons discuter.

L'homme se nomme Apuntarsatud Lartsole... nous lui avons rapidement donné le surnom d'Apu. Donc Apu avait été engagé par notre petit Conquérant contre une bonne paie. Il faut dire que l'Empire Britannique n'est pas très en vogue en Inde. Julian Mac Cormick lui propose de tripler sa paie. Julian n'est pas anglais, moi non plus... ça aide certainement notre ami Indien à accepter la proposition. Tiens, pendant que j'y repense, les soldats possèdent un fusil tout a fait particulier qui tire de la foudre ! Il faudra que je m'en procure un... juste pour la collection !

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A partir de là, ça devient moins héroïque. Nous cherchons un moyen de libérer les hommes d'équipages de l'Aeronef et de nous en sortir nous même. Malgré nos efforts, et le passage à tabac de notre jeune scientifique Edward Ruthford, nous n'arrivons pas à libérer les membres d'équipage. Sacré Edward d'ailleurs... finalement, il a du cran, et les vêtements militaires lui vont bien. Ils rattrapent un peu son côté nigaud et tête en l'air, en lui donnant un air sûr et un port plus maintenu. Bref... ce n'est pas le sujet !

Nous finissons par fuir courageusement par une nacelle de sauvetage, sorte de mini dirigeable à moteur, grâce à notre Indien infiltré. Edward s'installe aux commandes, et nous nous détachons de la coque. C'est la chute libre ! Liiiiibre ! Trop Liiiiiiiiiiiiiiibre !!!

Le dirigeable de sauvetage commençait à descendre à une vitesse alarmante, et je me demandais si je devais étrangler notre pilote maintenant, tout de suite, ou juste immédiatement ! Heureusement pour nous, Balthazar Mc Kennith (tu sais, l'autre Lord écossais) tire une petite manette, et le moteur se met en marche, stabilisant l'aéronef. Quand à moi, je m'affalais au fond de la cabine, tendant de calmer mon coeur de lapin avant qu'il n'explose dans ma poitrine.

Nous suivons autant que possible l'Aerostier avant que le charbon ne nous manque, nous obligeant à nous poser à Dundee. L'Aéronef filait droit vers Glasgow, et nous espérons pouvoir retrouver sa trace rapidement pour finir d'une façon ou d'une autre ce que nous avons commencé.

Le reste est moins fantastique. Passage au poste de police de Dundee, envoi de plusieurs télégrammes, dont l'un pour mes cousins qui doivent être morts d'inquiétude. S'en suit un passage chez le médecin de nuit pour Edward, qui était quand même dans un piteux état, puis un diner dans un hôtel confortable, avant de profiter des douceurs d'un bain chaud et de sombrer dans un sommeil réparateur.

Le lendemain fut comme le lendemain d'une soirée trop arrosée: grise. Julian Mac Cormick fit opposition sur son chèque... et je trouve ce manque de respect pour une parole donnée exaspérant. Pauvre Apu... j'espère sincèrement qu'il saura trouver les bonnes excuses pour notre départ, et rester en bonne santé. Moi qui pensais que les écossais étaient des hommes d'honneur, j'étais loin d'imaginer qu'un Lord serait aussi mesquin.

Quelques échanges de télégrammes avec Scotland Yard plus tard, et nous prenons le train pour Glasgow. Ils n'ont pas vu l'Aerostier. Il a du être trop discret, ou faire un crochet pour éviter la ville. Toujours est-il qu'il se rendait visiblement sur les îles au nord de Glasgow... je suis sûre que le Conquérant prépare son plan là bas ! Nous décidons de laisser passer quelques jours et de rester à l'affut près de Glasgow. En effet, si Robur veut armer l'Aerostier, il lui faudra commander des canons et d'autres joyeusetés dans une ville ayant la capacité de les fabriquer, et nulle autre que Glasgow n'est disponible dans la région.

Finalement, Balthazar Mc Kennith nous invite à loger dans son château quelques temps, tout près de Glasgow. Nous y serons à notre aise, et pourrons réfléchir à la suite des évènements, as t-il argué. J'étais tout a fait d'accord ! Pour une fois que l'aventure (la vraie !) frappe à ma porte, je ne vais pas retourner sous le joug de mes cousins !

Voilà... nous venons d'arriver dans le château (fort joli), et j'ai besoin de dormir.

Bonne nuit, cher journal, je te conterais la suite de l'histoire dès que possible !

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