Aeroth Tinaèl

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Gwendal Jambu
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Re: Aeroth Tinaèl

Messagepar Gwendal Jambu » Lun 19 Mars, 2018 21:51

Journal d'Aeroth


Un requiem pour les hommes des bois


Sortis de la forêt, plusieurs centaines d'ennemis sortait se stoppant une fois montrés. Les trolls s’avancèrent d'abord prudemment puis se mirent a charger les portes. Nos flèches en firent tomber une partie de la vingtaine de trolls qui chargeaient. Ils finirent au contact de la forteresse et enfoncèrent nos murs, les faisant exploser sur les hommes des bois. Ne pouvant rentrer que un par un dans l'ouverture créer, les trolls faisaient quelques pas à l'intérieur et s’écroulaient sous une volée de flèches.
Nous eûmes a peine le temps de souffler que des hobbits sauvages corrompus furent envoyés sur nous, beaucoup d'entre eux moururent dans nos pièges, les autres furent criblés par nos arcs. Aucun ennemi n'avait réellement pénétrer l'endroit, mais l'assaut véritable commençait maintenant.
Les centaines d'orques et de wargs chargeaient sur la colline. Ils se déversaient sur la place comme l'eau a travers les pierres d'un ruisseau, une véritable marrée de corps verdâtre.
Nos forces s'affaiblissait vite du choc violent des troupes mais les orques étaient déstabilisés de voir que les trolls n'avaient fait un seul blessé. Les pertes étaient terribles de chaque côté. Aiwendil utilisait sa magie pour nous soigner tous des blessures reçues, les Aigles fondaient sur nos ennemis ... la situation était sous contrôle.
Tandis que les leaders de nos troupes s'affaiblissaient, les leurs étaient bien au chaud sur une tout de bois accompagné de deux araignées géantes : Tauler et Sarquin. Il fallait les vaincre pour une victoire totale. Alors que je prenais un coup qui m'envoya au sol, je surpris un événement des plus intimes et naturels : une petite araignée profitait de ma chute pour s'attaquer à une plus grosse qui était déstabilisée. Je ne sais pas si cela était pur hasard ou un signe des Valar mais toujours est-il que j'ai compris qu'il était possible de neutraliser Sarquin, nous laissant affronter notre vieil ennemi Tauler ainsi que les chefs orques. Néanmoins leurs rangs s'affaiblissait peu à peu et il était certain qu'ils finiraient par s'enfuir du fait que la bataille tournait à nôtre avantage, il fallait agir vite tout en profitant de cela pour décimer les orques de la région. Je prévenais Algund et Orophal du plan en hurlant mes instructions en elfique. Nous en profitâmes donc pour réduire encore le nombre d'orques sur le chemin quand un élément vint bousculer le plan : d'énormes chauves-souris géantes fondèrent sur nos positions ! Il était temps de mettre fin au bain de sang.
Tandis que Orophal couvrait notre sortie, Algund, Ingrid, Avina, Beorn et moi-même nous frayâmes un chemin a travers la mêlée pour sortir. Falfire restait pour soutenir les archers contre les assaillants aériens. Une fois sortis de la forteresse, nous voilà devant les généraux.
Ingrid et Beorn avait pris la tête en prenant leur forme de bête et se ruait sur la tour de bois qui subit le violent choc des créatures et chuta. Dans le même temps Tauler contourna la tour par derrière et assena un coup de griffe à sa mère qui se plia de douleur, la fille s’enfuyait a une vitesse ahurissante. Celle-ci paralysée de douleur fût empalée par ma charge de lance qui avait quelque peu repoussé l'immense créature qui faisait la taille de deux éléphants. Les flèches d'Avina et l'épée de Algund vinrent l'affaiblir encore jusqu'à ce qu'en sautant sur sa tête j’enfonçai mon arme profondément sous sa chitine.
Les crocs et les griffes de Ingrid et Beorn finirent de tuer le massif général qui nous avais servit de geôlier à Galladbrynd. La louve d'Esgaroth se vengeait de nos tourments en dévorant sa chair. Alors que le deuxième général tentait de s'enfuir Falfire, qui venait de nous suivre depuis la forteresse, décocha une flèche dans sa direction qui affaiblit sa foulée permettant à Algund et moi-même de le rattraper. Alors qu'Algund levait son arme je bondis pour atterrir sur son dos et empêcher à l'orque de se mouvoir tout en épargnant sa vie. Après l'avoir attaché je fis une pause pour reprendre mon souffle de cette bataille épuisante. Les autres rentrèrent pour ramener Aiwendil auprès du prisonnier pour qu'il soit interrogé.

Fier d'avoir vaincu, je ne pouvais qu'être heureux de voir notre compagnie unie et soudée comme jamais, comme avant.

C'est par l'union de tous les peuples libres que la victoire nous sourie.

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Par Aeroth Tinaèl
Dernière édition par Gwendal Jambu le Sam 24 Mars, 2018 01:24, édité 2 fois.
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Re: Aeroth Tinaèl

Messagepar Gwendal Jambu » Mar 20 Mars, 2018 18:05

Journal d'Aeroth


La dernière marche des hommes des bois


Cela faisait plusieurs dizaines de minutes que j'attendais que mes amis ramène Aiwendil. J'étais en compagnie d'un chef orque capturé et je savais le traitement qu'il lui serait réservé. Alors que je tentais de le convaincre que la guerre n'était qu'un cycle de haine il me crachait au visage son sang, que je n'avais plus la volonté d'essuyer après une bataille aussi rude que celle de la colline du tyran.
Nous avions beaucoup perdu : Balin avait perdu presque tous ces amis, Harfast et Fridwald étaient seuls face aux cadavres de leur village, Gaerthor le Maiar était mort criblé de flèches, Beorn et Amaleoda avaient perdu la moitié de leur troupe, Orophal était l'un des seuls survivants des escouades de chasseurs elfes et Olaf le frère d'Ingrid était mort au combat.
Pourtant j'essayais tant bien que mal de convaincre mon ennemi mortel et lointain cousin que se battre ainsi n'était que folie et que le seigneur du Mal ne leur apportait rien.
Gaerthor était un Aigle que nous avions aidé lors de notre première véritable aventure, il nous avait a son tour aidé notamment à la Bataille du Jardin. Tandis que Olaf nous avait hébergé à de multiples reprises et était un hôte formidable.

Alors qu'il mettait un temps fou, je fis route vers la forteresse en restant à bonne distance pour appeler mes amis. Algund arriva et m'expliqua que la situation dégénérait car Ingomer voulait s'enfoncer dans Dol Guldur pour y détruire le Mal. Tous pensions que c'était une mauvaise idée et Aiwendil était du même avis. De plus il souhaitait partir d'ici une heure malgré la fatigue et les blessures. Orophal et Beorn trouvait le moment opportun et suivraient Ingomer malgré sa folie ! Ne changeant rien a mon problème j’allai chercher moi-même le mage brun. Une fois arrivé il interrogea le prisonnier sur les défenses de Dol Guldur, mentant au début il fini par avouer les dernières forces en place ainsi que son champion : un spectre.
S'il partait se serait un massacre et Aiwendil essaya de l'en convaincre, mais ne pouvant réussir et face à ces informations il était impératif de réfréner leur ardeur au moins pour quelques temps. Un des moyens les plus sûrs était de tuer le spectre pendant que celui-ci est illuminé par une des lampes, c'était parfait nous allions les faire patienter deux semaines le temps d'un aller-retour en Lorien. Aiwendil présenta le plan à Ingomer qui réussi la manœuvre, les hommes auraient le temps de se reposer et de se préparer.
J'amenais donc notre prisonnier pour qu'il se fasse juger comme un homme libre, pas comme une bête. Alors Ingomer décida de son sort : la mort. C'était pour le mieux. Je désirais tout de même qu'on connaisse son nom, il est un vivant et à tout autant ses raisons de nous combattre. Le chef leva pourtant sa lame vengeresse et entama sa frappe, je projetais alors le forcené au sol pour l'en protéger afin qu'il puisse me donner son identité. Ingomer de rage me mit aux fers pour mon insubordination envers l'autorité qu'il représente. Quelque peu dégoûté de la tournure des évènements, je ne ne puis qu'effrayer les soldats qui désiraient s'emparer du futur cadavre. Aucune raison ne pouvait les stopper et ma conscience en fit les frais. Je me réveillait donc dans une cage attaché, réfléchissant aux paroles du chef des hommes des bois. Rien n'avait changé, toujours aussi abreuvés de haine à l'égard des elfes et il avoua même une certaine méfiance envers Aiwendil mais toléré car aucunement mêlé à la politique. J'étais troublé, après avoir tant combattu pour les Terres Sauvages je ne bénéficiait ni d'écoute ni de pitié, et je ne parle même pas de reconnaissance. Je compris alors que le mage brun ne faisait qu'accompagner les hommes mais ne dictait aucune conduite, c'est la raison de son influence sur eux - de sa popularité. Avina vint me voir et me proposa un marché passé avec Ingomer : reconnaître mes torts, m'excuser et accepter son autorité. Soit, il serait stupide de ne pas proférer des paroles vide de sens pour sortir. Je dû m'excuser publiquement de mon acte et montrer regret. Ce que je fis, néanmoins il évoqua d'autres méfaits, en le questionnant j'appris que mon autre tort était d'être un elfe. Plus tard j'appris même que Algund s'était fait insulter "d'étranger", tout ce qui leur est différent est donc perçu comme une menace. L'ego du chef me semblait après cette conversation plus proche d'un enfant criant qu'il est un adulte que d'un homme qui sait écouter ce qui est dit plutôt que qui le dis, rejetant la culture elfe et ce qu'elle représente.

Je fût quelque peu ému de voir une tombe digne de ce nom pour Gaerthor, une stèle de bois taillé en forme de fier oiseau gigantesque. Je ne pu qu'embrasser la terre pour lui signifier mon respect, ma sympathie, mon amitié et ma reconnaissance. Après deux semaines Algund, Falfire et Ingrid ramenèrent Ormal dans son plus bel éclat ! Hors de question de laisser les hommes y aller seul malgré leur haine, je me devais de les accompagner ne serais-ce que pour les aider à fuir comme Aiwendil voulait le faire. Je calquerais son attitude jusqu'à que je sache ce que je dois faire.
Nous prenions donc route vers le sud, vers Dol Guldur, vers la folie. Nous étions a l'arrière de l'armée, ou plutôt ce qu'il en restait : les deux tiers des hommes étaient morts dans la défense il y avait de cela deux semaines. Après un âpre voyage nous nous tenions face à la terrible forteresse maudite qui avait, la dernière fois, affaiblie Aiwendil. Les premiers béornides fuyaient tandis que les hommes des bois étaient plus résolus que jamais. Algund étant aussi un porteur de lumière il était tout désigné pour la garder avec lui, car les seigneurs de Lorien l'ont confiés à une demande : qu'elle revienne en Lorien, et que Aiwendil en soit le garant. Il prenait la tête de l'armée alors que celle-ci s'enfonçait dans les abysses du bastion maléfique. Je restais derrière a la même place que le mage afin d'éviter que tout le monde se disperse. Je rassurais Avina qui brûlait de terreur mais le brasier du courage la poussa à repousser la peur et rejoindre nos camarades déjà à l'intérieur.
J'entendis uniquement des bruits de combat pendant une dizaine de minutes, puis un flash lumineux qui perçait l'obscurité des lieux. La luminosité était caractéristique de Ormal, le reste des Défenseurs des Peuples Libres venait de terrasser quelque chose de puissant.
Un quart des hommes étaient morts, peut-être moins si je les avais rejoint.

Mais jamais plus je ne regretterai, car en restant à l'écart j'ai compris que l'erreur à du bon
Les humains font beaucoup d'erreurs
Moi aussi
Mes amis aussi
Les Valar aussi je pense


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Re: Aeroth Tinaèl

Messagepar Gwendal Jambu » Mer 21 Mars, 2018 17:53

Journal d'Aeroth


Vers une nouvelle génération


Cinq années depuis notre séparation, alors que nous nous quittions a Rhosgobel. Ingrid et Falfire reprirent route vers le Nord, Avina à l'Est, Algund et moi à l'Ouest. Je partis quelque temps en Lorien et j'y perfectionna ma maîtrise de l'art elfique. J'y profitais de l'enseignement de Maltarimbor et Lindaël qui excellait et excelle toujours en la matière. Je dû partir car je sentais que je n'avais plus ma place ici, l'appel du voyage et de la découverte me tiraillaient en plus de cela.
En revenant, par force de savoirs recueillis, de reliques rapportés et d'ennemis vaincus, Thranduil me nomma Gardien des Livres et cela malgré mes accointances douteuses à ses yeux et mon refus apparent de finir ma vie en Valinor. Je ne puis qu'être surpris et bêtement accepter l'ordre de mon Roi. J'y vis par la suite nombres d'avantages et surtout le plus facile à comprendre : un accès total à la bibliothèque. Je me surpris moi-même en lisant les livres qu'elle contenait à me poser en gardien des secrets décrétant et comprenant que toutes les informations tenues dans ces livres ne devaient pas être divulgués a n'importe qui. C'est donc par conséquent le seul endroit qui abritera Les Chroniques des Défenseurs des Peuples Libres au complet, relatant toutes nos aventures sans exceptions.
Je passa plusieurs années à lire les livres qui m’étaient maintenant accessible avant de revoir par hasard ma communauté. Je ne sû trouver les mots face à eux, je trouvais tout d'abord Ingrid et Falfire vêtus de beaux atours tandis que la Louve d'Esgaroth avait en plus un ventre très rond annonçant une nouvelle vie. Falfire était aussi rondelet mais pour d'autres raisons. Ceux-ci semblaient tout aussi gênés que moi. Puis arriva Avina qui était semblerait-il épuisée de son quotidien. Et enfin Algund et sa nouvelle famille, il portait dans ses bras un nouvel être vivant et gigotant. A ses côtés, Lindaël réputée pour sa maîtrise de la magie elfique et sa beauté.
Ingrid formait son neveu sans père pour qu'il reprenne l'affaire familiale tandis qu'elle étendait son influence et son commerce sur la ville.
Falfire s'occupait de ses terres et passait beaucoup de temps avec le peuple, une vraie célébrité !
Avina obtenu le surnom de Fille du Magicien dû à sa proximité avec lui et les efforts qu'ils mettent en commun pour rendre la vie des hommes des bois plus facile, notamment avec son hôpital.
Algund avait perdu tous ses titres et droits dans la forêt noire mais avait gagné une famille, l'Adopté avait finalement créer ce qu'il lui manquait.
Aeroth lui devint un conteur et archéologue émérite. Je développa mes capacités martiales encore quelques années pour finalement me servir de ma lance comme d'un bâton de marche au grand dam de ma maîtresse d'armes Nimrodel. J'entrepris des fouilles et recherches dans les zones sauvages et inexplorées de la forêt noire pouvant abriter des ruines des autres Âges.
Le reste du temps j'enseigne aux jeunes elfes les valeurs qui me sont si chères. Apprendre la tolérance envers autrui peu importe sa culture, comprends l'autre mieux que personne.
Et enfin ma mère partie vers l'Ouest ne pouvant faire le deuil de mon père.

Nous nous rappelleront tous des pires et des meilleurs moments
De nos frasques et de nos gloires
De nos défauts et de nos qualités
De notre dévouement et notre bonté
Mais moi seul les conterais désormais
Car ceci est le vrai fardeau des immortels


Chroniques des Défenseurs des Peuples Libres
A mes amis les plus chers, pour que personne ne les oublies


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Re: Aeroth Tinaèl

Messagepar Gwendal Jambu » Mer 02 Mai, 2018 13:22

Journal d'Aeroth


Réminiscences de Dol Guldur


Une lettre d'Algund
Veut que je le rencontre à Rhosgobel
Éternité
Joie intense
Tristesse profonde
Peu de temps
Paquetage
Baratin Thranduil
Voyage plus aisé qu'auparavant
Rhosgobel n'a pas changé
Il est vieux
Mélancolie
Je pars pour une nouvelle aventure


Lalwendë est la fille d'Algund, un de mes chers amis et compagnons des Défenseurs des Peuples Libres. Elle doit voir Elrond car elle n'a pas encore choisie sa voie entre la mortalité et l'immortalité, chacun ayant avantages et inconvénients. Algund compte sur moi pour l'accompagner car il est vieux et ne supporte plus les voyages, sa femme n'est pas aussi à l'aise sur les routes. Je ne peux qu'accepter d'aider un ami.
Il nous faut un guide qui connaisse le chemin, et je crois que nous avons la chance que la forêt abritte actuellement une habitante de Fondcombe : Irimë. En allant à sa rencontre je demande a ma pupille d'aller à la rencontre de Nimrodel la mère d'Algund et notre maîtresse d'armes. Cela amusera certainement mon maître de voir un si petit être issu de son fils. Je fais profil bas ici je suis sensé être partit pour quelques temps et me voilà déjà de retour.
J'apprends que Irimë part elle aussi mais ne s'arrêtera que quelque temps a Fondcombe, elle cède à l'appel de Valinor. Moi-même ayant ressenti et refusé son appel la nouvelle me touche, d'autant plus que ma mère m'a quitté pour l'Ouest il y a quelques années sans prévenir. J'apprendrais beaucoup à son contact. Elle est l'incarnation de la mélancolie à mes yeux comme on m'a déjà fait remarqué que malgré mon attitude enjouée je reflétait une certaine tristesse, et c'est exact. Malgré ma joie de découvrir chaque jour ce monde je suis triste que mes amis vieillissent et la perspective de leur mort, même naturelle, me fend le coeur petit à petit.

Nous voguons sur l'Anduin ! Accompagné par les récits historique d'une elfe mourante désirant rendre ses souvenirs impérissables. J'ai soif d'apprendre d'elle et de sa sagesse.
Alors que nous nous enfonçons dans la gorge étroite et parfois lapidaire de la chaîne de montagnes je perçois derrière nous un escouade orque, impossible de reculer.
L'aventure implique un danger qu'en vingt ans j'avais oublié.
Nous accélérons tant bien que mal pour semer les ennemis avant qu'ils n'en deviennent, mais malédiction : le sort s'accharne. Deux dizaines d'orques sont aussi présente en amont et sortent les armes en nous apercevant. Les options ne sont pas légions, j'ordonne à mes compagnons de grimper l'abrupte parroi pour espérer une chance de survie, je grimperais si j'en ai le temps. Tandis que j'entends un cri, bestial et violent mais qui ne ressemble pas à un orque. Lorsque j'observe derrière nos assaillants je vois deux formes qui les chargent, une femme habillée de peau et de tatouages et une cavalier puissant certainement du Rohan. Mais cela ne sera pas suffisant, ils sont trop nombreux. En montant Irimë me parle de ma plume, elle n'est sensé fonctionner qu'une fois et Gaerthor est mort, de plus j'avais déjà utilisé son aide par le passé.
Je la dégaine tout de même avec mon arme et je fais tournoyer cette dernière afin d'effrayer nos ennemis. Je receptionne les orques, ils sont nombreux et enragés et me mutilent de part en part. Puis Lalwendë chute sur moi en essayant de décocher une flèche sur un orque qui me frappe. Elle me tombe dessus me faisant chuter à mon tour. J'ai quelques secondes pour porter la plume à mes lèvres et souffler avant que nos ennemis ne taillent mon amie en pièces et entendre un cri lointain ... Ils arrivent ...
Je me relève tant bien que mal en repoussant les orques à l'aide de ma lance courte et de ma dague jusqu'à l'arrivée des secours. Et quels secours ! Les Aigles repoussèrent les ennemis pour nous récupérer et nous emmener dans les hauteurs. Là-haut tout est calme.

Irimë s'occupe de Lalwendë, son état est grave mais l'elfe qui nous accompagne est plus que compétente. Les Aigles ont aussi sauvé les gens qui chargaient les orques dans leur dos ... ils sont trois. Trois contre une vingtaine d'orque, il aurait fallu être fou ou stupide pour tenter ceci.
Et même si aujourd'hui où j'écris ces lignes j'ai perçu les graines du Mal en certains mais je relativise en me disant que c'est notre cas à tous. De plus certains sont aussi touché d'une pureté d'esprit et de noblesse, bien que d'un peu d'instabilité émotionnelle aussi, des plus rafraichissant.
Serais-ce donc sous le signe de la folie que nous marchons donc ?

La guerrière que j'ai vu se nomme Eïssa et vient des Terres Brunes, un territoire hostile et peu recommandable où les locaux font partie du danger à éviter. Un cavalier du Rohan s'appelant Aldor, à l'esprit chevaleresque il fait néanmoins des concessions pour ses amis. Et un jeune béornide nommé Grimbald qui n'était pas né lorsque Dol Guldur chut, porteur d'une sagesse que je pu percevoir à de multiples reprises lors de notre voyage. Seule Lalwendë était exempte de cette folie, mais son ardeur de devenir une héroïne la poussera un jour dans cette direction.
Nous couchons là à l'abri des ennemis et du monde.

Le lendemain nous entamons la suite du voyage avec nos compagnons de route. Le voyage est calme et nous finissons par nous arrêter à une journée de Fondcombe lorsqu'un malheur nous accable.
Lors de mon tour de garde je perçois un vent glacial atténuer le feu du campement. Irimë est au agguès et nous indique la présence d'un spectre quand une ombre jaillit sur elle tandis que la sage semble pulser d'une lumière bleutée qui a l'air de repousser la chose. Irimë incante dans une langue inconnue et je tombe avec Grimbald dans un sommeil enchanté.

Au réveil dans une ville banale et enjouée nous sommes tous perdus, seuls le béornide et moi comprennent à peu près la situation. Mais impossible de dire si tout cela est réel ou fictif. Après avoir discuter avec un villageois nous avions appris que nous étions dans le passé, j'envisagais autant le voyage spirituel que le voyage temporel. Tous semblait attendre la venue d'un genre de héros local, il devait revenir de Dol Guldur. Hélas comme je m'y attendais le "héros" avait été corrompu par l'avant-poste du Mal dans les Terres Sauvages. Lui et des morts-vivants habillés de rouge tuèrent et asservirent la population, nous compris. Nous fûmes emmenés à la dite forteresse et enfermer dans de puantes geôles.

Sur le chemin, lors d'une nuit, je semblait me réveiller devant Irimë aux prises avec l'ombre menançante. Celle-ci m'indiqua plus de détail sur la raison de ce voyage : en vainquant l'esprit de ce rêve nous le vaincrons en réalité. La théorie qu'avait évoqué Grimbald était juste : ce n'était qu'un rêve.

Les geôles étaient lugubres, notre nouriturre moisie, notre eau croupie. Dans ces conditions la situation dégénéra après quelques temps. Annatar, un homme des bois, vint nous proposer succulents plats et boissons revigorantes en échange de notre allégeance au Seigneur des Ténèbres. Nul besoin d'expliquer pour les instruits ou était l'entourloupe. Pour les autres : Annatar fait partie des noms utilisés dans le passé par le serviteur de Morghot : Sauron. Il a toujours possédé de multiples facettes trompeuses pour tenter les plus faibles. Tous nous refusèrent, certains auraient bien acceptés mais ma réaction au nom de notre hôte me donna peut-être du crédit auprès des villageois présents.
Notre séjour fût rude : alternant entre les combats contre un troll, expliquer calmement à une sauvage qu'on ne frappe pas les gens d'un avis différent sans discuter avec eux, protéger un enfant en prennant sa place dans l'arène et obtenir des médicaments pour un vieillard malade ... garder espoir n'était pas de tout repos. Finalement malgré le fait que nous ne savions pas comment nous en sortir, nous nous étions serrés les coudes face aux pathétiques tentatives des orques d'introduire la haine en nous. Nous résolvions nos épreuves par le sacrifice, l'equitabilité et parfois même la ruse quand il s'agissait de tromper le trompeur.

Après plusieurs jours dans ce cauchemar l'ombre apparue dans notre cellule en s'en prenant à un villageois et se servant de lui pour s'exprimer. Il arguait que c'était la faute de Irimë si nous vivions un enfer, qu'elle nous manipulais pour parvenir à ses fins et que c'était la manière de faire des elfes à travers les âges.
Alors que l'un de nous devais canaliser notre énergie pour épauler Irimë dans la réalité je me porta volontaire, tous avions envie d'en découdre avec l'entité et malgré ma sagesse de centenaire et quelque peu aveuglé dans ma confiance en moi j'ignorais la pureté du petit homme des bois qui était à nos côtés. Rassemblant notre coeur en mon sein, nous expulsions notre courage vers la sombre créature. Dans cette bataille d'esprits, je suis convaincu que les villageois présents même à l'état de simples souvenirs d'Irimë nous fûrent reconnaissants de nos actions ici et nous ont eux aussi confié leur bienveillance.

Une fois la créature repoussée dans les ténèbres notre rêve pris fin, nous laissant face à une Irimë épuisée par une nuit de combat spirituel, un sourire sincère aux lèvres.

Le miracle au quel j'ai assisté cette nuit valait bien la souffrance endurée pendant ce qui nous a semblé être des jours : j'ai lu la joie dans les yeux d'un être qui avait abandonné tout espoir.

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